Mort du baiser
Je t'avais dit : " Rapelle-toi,
Tu chantais dans l'amour autrefois.
Autrefois il jaillissait toujours de toi, sous ma caresse,
Un chant d'ivresse d'allégresse,
Un petit chant de vérité tout maladroit,
Mais si clair, exhalé de sources si profondes
Qu'il semblait contenir tout le bonheur du monde...
Un petit chant de paradis! "
Tu as rougi. Tu n'as rien dit.
Et pour me plaire, cette nuit, sous mon étreinte,
Tu as chanté, chanté d'amour, comme autrefois.
Mais d'une voix!... Oh! la fragile, faible voix
Atone, dénuée, éteinte,
Voix de contrainte, voix de plainte,
Qui m'a glacé le cœur d'effroi !
Je t'ai reprise contre moi.
J'ai voulu te cacher ma peine.
Ta bouche dévouée a fondu sous la mienne.
Mais ta tempe plus lourde à ma tempe a pesé.
Et tu as dit, chaude et lointaine:
"Il est si triste, maintenant, notre baiser!"


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